Petit lexique
des belles erreurs
de la langue française
(et de Suisse Romande)

C’est à partir des fiches publiées depuis plus d’un demi- siècle par l’Association suisse des journalistes francophones, que les éditions LOISIRS ET PEDAGOGIES proposent ce charmant inventaire de quelque 300 erreurs parmi les plus courantes.

Charmant grâce à la drôlerie des textes ainsi qu’à la présence de nombreuses illustrations loufoques signées Plonk et Replonk. Lues dans la presse, entendues à la radio ou à la tv, les erreurs répertoriées sont si communes qu’elles finissent par passer inaperçues, et ce n’est pas le moindre mérite de ce recueil que de les identifier.

Commençons par les contresens: utiliser chance (positif) pour risque (négatif ) et vice versa, oser «s’avérer faux» alors qu’étymologiquement avérer veut dire vrai, penser qu’un ingambe est handicapé, alors que c’est tout le contraire; confondre le cosmique chaos avec le bien modeste cahot

Au chapitre des anglicismes abusifs, je retiens l’air conditionné, l’implémentation (pour installation) et la dead line (pour date butoir). Parmi les expressions dénaturées, voici «dorer la pilule», sans rapport aucun avec le bronzage, qui veut seulement peindre en rose une perspective morose, ou «tirer les marrons du feu» qui ne veut pas dire tirer adroitement parti d’une situation pour soi-même, mais au contraire se dévouer pour autrui.

Outre les erreurs, il y a aussi les particularismes, dont il n’est pas inutile de savoir qu’ils ne sont pratiqués et compréhensibles qu’en Suisse romande; par exemple «être sur Soleure, au tout début, le tournus ou encore thématiser».

Passons sur les monstruosités, en retenant quelques confusions orthographiques, entre repère et repaire, bâiller et bayer, martyr et martyre et rappelons qu’en bon français, la sauce est bolonaise, tant il est vrai qu’une dame venant de Pologne se nomme polonaise et non polognièse. Au passage, se souvenir aussi que gageure se prononce comme injure, pugnace comme dans gnome avec le g et le n détaché, Bruxelles comme dans soixante, et il argue comme dans cigüe.

S’agissant des aberrations grammaticales, on ne démarre pas une voiture on la fait démarrer, espèce est toujours féminin comme dans une espèce de charlatan, on enjoint à quelqu’un de faire quelque chose et lorsqu’on tombe d’accord, on dit nous sommes convenus de ,et non pas nous avons convenu de …

Les clichés journalistiques ne sont pas oubliés: victimisé comme péjorer sont inconnus des dictionnaires, rebondir et incontournable s’utilisent à tort et à travers, dantesque et hallucinant de même et, n’en déplaise aux journalistes sportifs, le sens de récidiver est exclusivement péjoratif.

Tous ces rappels sont à la fois édifiants et plaisants ; mais il me semble que certains combats sont définitivement perdus. On ne remplacera plus «switch» par permuter ou transférer ni «fun» par délassant ou récréatif.

Eliane Ballif ou E. Bf. 18 février 2016

Edition LOISIRS ET PÉDAGOGIE

Collection Découvrir


Genre: Livres sur le journalisme
Thèmes: Humour
16 mars 2016

Les publications du CFJM

Le CFJM dispose de nombreuses publications à l'intention des journalistes et des publics professionnels.

Les publications du CFJM

La documentation du CFJM

La documentation du CFJM regorge d'ouvrages théoriques et pratiques utiles à tous ceux qui s'intéressent à l'information.

La documentation du CFJM

La revue critique du CFJM

Les professionnels qui assurent les formations du CFJM publient régulièrement des travaux, fruit de leur expérience et de leur réflexion.

La revue critique du CFJM

La newsletter du CFJM

Avec notre newsletter, restez informés sur l'actualité du CFJM – formations, conférences, publications… – et du secteur des médias.

La newsletter du CFJM
© CFJM – Réalisation : Patrick LENORMAND