COMPTE RENDU – Votations : Les Verts montent au front pour des denrées de meilleure qualité

La campagne pour des aliments équitables est lancée. La conseillère nationale Adèle Thorens a répondu aux arguments des opposants jeudi à Lausanne.

Adèle Thorens (Verts/VD) a répondu aux nombreuses questions des étudiants du Centre de Formation au Journalisme et aux médias (CFJM) ce jeudi à Lausanne, lors d’un point presse.

L’initiative pour des aliments équitables soutenue par les Verts plaide pour un renforcement de l’offre alimentaire de qualité. Selon un sondage SSR publié le 17 août dernier, 78% de la population y serait favorable. Face à ces premiers résultats nettement en faveur du texte, les opposants commencent à élever la voix. Pour Adèle Thorens (Verts/VD), co-rédactrice de l’initiative, « leurs arguments sont fallacieux ».

Dédouaner les labels
L’une des principales critiques formulées par les partis opposants (PLR, UDC, PDC, PBD) concerne les prescriptions de production. Si le respect des normes suisses est aussi imposé aux produits en provenance de l’étranger, des contrôles lourds et couteux devront être mis en place. « Nulle part dans notre texte, nous ne disons qu’il faut appliquer toutes les normes suisses aux produits étrangers », assure Adèle Thorens. Pour une mise en œuvre pragmatique de l’initiative, la verte propose de réduire les taxes douanières sur les produits importés Bio et Fairtrade. Une solution qui permettrait, selon elle, d’être conforme au droit international tout en favorisant des produits durables et de qualité.

Un texte vraiment nécessaire ?
Les opposants, dont le Conseil Fédéral, dénoncent une initiative superflue. Ils estiment que la Confédération s’engage déjà suffisamment en faveur d’une alimentation sûre et de qualité.  « Lorsqu’on voit son projet de politique agricole après 2022, on se rend pourtant compte que le Conseil Fédéral a décidé de sacrifier l’agriculture locale au profit de l’économie », rétorque Adèle Thorens. Pour la conseillère nationale, les agriculteurs ne sont pas assez entendus à Berne et cette initiative est donc essentielle.

Prix controversés
L’opposition craint aussi que le texte entraine la disparition de produits d’importation bon marché. Une conséquence qui pourrait peser sur le budget déjà très serré des ménages à revenu modeste. Là encore, Adèle Thorens réfute cet argument. « Ce qui pèse dans le budget des Suisses, c’est surtout le prix du loyer et des assurances. C’est culotté de la part de certains partis de vouloir leur vendre des produits de mauvaise qualité pour qu’ils puissent économiser. Ce n’est pas ça, la politique sociale ». La population suisse tranchera le 23 septembre prochain.

Crédit photo : Aude RAIMONDI.

Aude RAIMONDI

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