Le franc suisse, trop cher… pour l'économie suisse

Le franc suisse se porte bien… et même trop bien. Sa valeur élevée sur le marché des changes handicape les exportations du pays. Certains patrons en profitent même pour répercuter cet impact sur les salaires de leurs collaborateurs.

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En économie, il ne fait pas toujours bon être en bonne santé. La cherté du franc suisse – 1 franc suisse vaut actuellement 0,78 euro – a un impact partiellement négatif sur l’économie de la Confédération. Les produits suisses vendus dans la zone euro sont en moyenne 17 % plus chers et les exportateurs voient leurs marges fondre.

Les risques découlant des pays en difficulté de la zone euro, la hausse du prix du pétrole et les conséquences du séisme et du tsunami au Japon pourraient également peser sur l’économie helvétique, fortement axée sur l’exportation. En outre, la banque centrale suisse a revu à la hausse en mars ses prévisions d’inflation et prévoit pour 2011 une hausse des prix de 0,8% contre 0,4% précédemment, de 1,1% en 2012 (contre 1%) et de 2% en 2013.

Le salarié paie la note
Un autre phénomène moins attendu se répand en Suisse alémanique. Plusieurs entreprises – dont Stöcklin, Mopac ou Dätwyler – font répercutent le recul de leurs exportations sur les salaires de leurs employés, soit en diminuant ces salaires (-10 %), soit en augmentant le nombre des heures de travail non rémunérées. Ces pratiques ont déjà fait réagir les syndicats qui ont exprimé publiquement leur désapprobation.

La Suisse romande, jusqu’ici épargnée, pourrait payer ce durcissement de la situation économique sous la forme de délocalisations de ses emplois en Europe : 100 000 emplois seraient menacés d’ici 2013 selon l’Union syndicale suisse (USS). Il ne reste plus qu’à espérer – paradoxe de l’économie globalisée – que le franc suisse aille mal…