En route pour le Kenya avec Marion de Vevey

Pour sa première bourse nouvelle formule, EQDA soutient un reportage sur la protection des baleines face aux routes maritimes.


L'association En Quête d'Ailleurs (EQDA) n'est pas une nouvelle venue dans le paysage médiatique romand. Active depuis 2011 — elle avait alors pris le relais de l'opération « En Quête d'Afrique » lancée en 2007 —, elle a permis à près de 280 journalistes de plus de 80 médias et d'une cinquantaine de pays de réaliser quelque 300 enquêtes et reportages, en travaillant en regards croisés sur un thème commun.

Cette année, EQDA change de formule. La mission a été révisée en 2026 : à la place des binômes entre journalistes suisses et d'« ailleurs », l'association met désormais au concours une bourse annuelle de reportage destinée aux journalistes professionnel·les actif·ves en Suisse romande, pour partir enquêter dans des pays peu médiatisés mais porteurs d'enjeux qui nous concernent. Et c'est une diplômée de la formation initiale du CFJM qui inaugure ce nouveau chapitre.

Un reportage entre baleines, cargos et chaînes de consommation

Le projet lauréat

« Au Kenya, des scientifiques tentent de protéger les baleines des nouvelles routes maritimes »

Pour cette toute première édition, le jury a choisi de soutenir Marion de Vevey, journaliste scientifique indépendante, et son reportage radio destiné à l'émission CQFD de la RTS.

Le sujet incarne précisément l'esprit d'EQDA : attirer l'attention du public romand sur une réalité géographiquement lointaine, mais reliée à des enjeux mondiaux qui nous touchent directement. Biodiversité marine, géopolitique du commerce maritime, science et responsabilité des chaînes de consommation s'y entremêlent — avec un lien suisse bien réel, notre pays étant une plaque tournante du transport maritime international.

Le jury a salué un dossier « abouti, structuré et le plus conforme aux objectifs de la bourse », apprécié pour sa clarté, son sérieux de préparation et son potentiel de récit incarné sur le terrain.

Une journaliste de terrain, des sciences à la plume

Le terrain, justement, Marion de Vevey connaît. Primatologue de formation, elle a passé six mois en Ouganda à observer des chimpanzés sauvages avant de bifurquer vers le journalisme scientifique — une recherche qui lui a valu une publication dans Scientific Reports. Elle confie volontiers que c'est le terrain qui fait battre son cœur.

Après un passage par Sciences et Avenir à Paris, elle a suivi la formation initiale multimédia au CFJM, où elle dit avoir appris « l'importance du journalisme dans nos démocraties » et la manière d'avoir un impact en restant fidèle à la déontologie. Carte de presse en poche depuis 2023, elle a travaillé près de quatre ans comme rédactrice à l'Université de Lausanne avant de se lancer comme indépendante. On retrouve aujourd'hui sa signature dans Heidi.news, Le Temps, Le Courrier, Horizons ou encore à la RTS. Son premier livre, Tout ce qu'il reste à découvrir, fruit de deux ans d'enquête sur les déséquilibres Nord-Sud dans les sciences, vient de paraître aux éditions Quanto.

Sa conviction résume bien le sens de ce reportage à venir : rendre les sciences accessibles à toutes et tous, et ancrer les débats scientifiques au cœur de la société.

Rendez-vous à la fin de l'année

Pour cette première édition de la formule renouvelée, le jury présidé par Jackie Dalton (Fondation Hirondelle) se réjouit de la qualité de cette lauréate — un signal encourageant pour la suite, alors que l'édition 2027 se profile déjà.

Le reportage de Marion de Vevey est attendu à la fin de l'année. D'ici là, une chose est sûre : on a hâte d'entendre ce que les baleines kenyanes auront à nous dire.

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